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Guyane Numériques : les clés du développement, le choixQu'y a t-il de commun entre le Portugal, la province de l'Extremadure espagnole et la ville brésilienne de Porto Alegre? Un pays, une région et une ville, considérés comme connaissant un certain retard dans le contexte avec lequel ils se comparent (les régions espagnoles, l'Europe ou les villes brésiliennes) et qui ont misé à fond, chacun à sa manière, sur l'essor de l'Internet et un développement des tic qui ne soit pas simplement une question d'infrastructure mais plutôt une vision holistique du développement par les tic.
Cette vision peut exister en Guyane et c’est le cas pour une bonne partie des utilisateurs.
Notre pays, région ultra périphérique (rup) de l’Europe, est actuellement en première place de la consultation d’Internet par habitant en France, devançant ses voisins et amis Caribéens, et même l’Île-de-France et l’Alsace, les « pourtant» traditionnels devanciers hexagonaux. Cette réalité doit comprendre que les développements humain et économique ne sont pas antagoniques. Elle doit intégrer une démarche participative, associant les citoyens dans la création de nouvelles règles sociétales qui transcendent les cultures propres à chaque lieu et se faisant les renforcent. D'autres régions ont – à des titres divers – expérimenté les possibilités uniques qu'offrent les tic pour griller les étapes ; ce que les anglophones appellent le leapfrog. Il faut toutefois bien comprendre que le changement n'est pas produit pas les tic, mais par les hommes et par les institutions. Rappelons, dans l’hexagone, la situation exemplaire de la ville de Parthenay, premier laboratoire de ce qui deviendra les Villes Internet en France. Au sein des rup, la Guyane est souvent en position de région innovante. Elle a compris, depuis longtemps, que les tic ne sont pas « le » développement, mais qu’elles en constituent les clés. Et ces clés, pour être efficientes, dans un pays socialement et géographiquement aussi étendu que le nôtre, doivent être offertes à tous. Cela nous rappelle comment un développement partagé est une condition sine qua non de la cohésion sociale et du progrès humain, lequel ne vaut que s’il produit ses effets bénéfiques sur tous. Les tic sont seulement un catalyseur, un facilitateur des changements que réclame la société. Elles sont en premier lieu un moyen de permettre une participation effective de tous les acteurs : élus, entrepreneurs, universitaires, associatifs et citoyens, pour l'architecture d'une nouvelle société. Ce que nous souhaitons avec l'organisation de la deuxième Université de la Communication de l’Amazonie, c'est passer à la vitesse supérieure et voir la Guyane rentrer sans complexe dans la société de l'information. Pour qu'elle puisse le faire, toutes les parties prenantes doivent contribuer à une réflexion qui soit porteuse d'une action ambitieuse et généreuse, à la mesure des défis qui se présentent dans notre région. A cette condition, les clés du développement pourront être forgées et auront, en tout cas, de nombreux domaines à déverrouiller. Cette seconde édition aura rempli plus que son rôle si elle réussit à être le médiateur – discret mais efficace – du passage de la réflexion collective à l'action coopérative. Tous les exemples que nous connaissons dans la réussite numérique ne sont pas évoqués comme des modèles pour la Guyane, ils peuvent simplement nous donner envie de prendre le chemin du courage et de l'audace. Ensemble, nous pouvons aborder une approche originale, spécifique à la Guyane, définie par elle-même. Ses singularités, dans le creuset du dynamisme, sont un atout exceptionnel. Nous pouvons en faire une référence mondiale de territoire numérique, partagé par tous, et qui soit une source d'orgueil commune à la mosaïque des populations de notre Amazonie française. La construction de la société guyanaise de l'information est l'affaire de toutes et de tous. Ce n'est pas et cela ne devra jamais être une petite affaire! Un consensus très large sur cette question centrale devrait ouvrir la voie à un changement radical dans les mentalités. La Guyane numérique, c’est une opportunité exceptionnelle. Ce sont des clés pour le développement, pour voir loin et grand et pour permettre à chacun d’être au rendez-vous d’un avenir plus équitable. C’est peut-être aussi cela, changer la vie… Jean-Pierre BACOT
Last modified
10:54 17-03-2006
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